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Blog de Rachel

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JEROME - Février 1990

Le texte date d'un peu ... certes ... mais la rubrique s'appelle AVANT. :-D

Je mettrais bien une dédicace à "Elend'S", même si cela n'a rien à voir avec le sujet, mais juste parce que ...enfin bon, il comprendra. ;)
PS : Il a fallu que je cherche mon dico d'allemand ! J'espère que j'ai bien compris ...

Jérome n’aimait pas les bonbons. Tout le monde le savait mais cela n'empêchait rien. Tout le monde aimait Jérome. Aucun rapport me direz-vous et c’est vrai. Tout le monde aimait Jérome et tout le monde trouvait cela normal. Jérome, petit bonhomme de 8 ans, blond, vert, rouge, … tel l’arc en ciel après la pluie. Il apportait joie et bonne humeur partout où il arrivait. Jérome était unique et on me l’a enlevé. On me l’a enlevé ce matin. Qui ? Mais vous ! En lisant cette nouvelle, vous me le volez un peu. Il était à moi et à moi seule…et maintenant il est à vous autant qu’à moi. Je me sens depuis si triste… Jérome, petit bonhomme de 8 ans, blond comme les blés, d’humeur bleue comme le ciel, de caractère vert comme le printemps. Tout en lui respire la joie de vivre. Son rire me rappelle l’eau de la cascade qui tintinnabule. Il est beau. Il est sage. Il est poli. L’enfant idéal ? presque ! C’était il y a 10 ans.

Jérome, petit homme (à mes yeux) de 18 ans. Jérome est toujours aussi beau. Jérome est toujours aussi attrayant mais Jérome est parti. Ce matin, il claqué la porte de la maison. J’ai pleuré. Il me manque. Dites lui de me revenir. Jérome n’était plus si sage, plus si poli. Un jour, il a rencontré une fille de son âge et il en est tombé amoureux. Il n’y avait plus assez de place en lui pour moi. Ce jour là, j'ai eu le sentiment de l'avoir vraiment perdu. J’ai essayé de le retenir. J’ai fermé les yeux sur ses fautes en lui disant je comprends. Mais je ne comprenais pas. Je me disais, c’est la jeunesse d’aujourd’hui. Tout évolue.

Jérome est parti. La maison est vide. Mon cœur aussi. Jérome, comme son père est parti et n’est plus revenu. Jérome a dit non à mon amour en claquant la porte ce matin. Jérome a grandi.

La maison vide de bruit, de musique et de cris pleure son malheur. Elle est fichue. Elle a perdu la pierre qui faisait d’elle une maison à part entière. La chambre de Jérome est pour la première fois en ordre. Le lit bien fait, les étagères bien rangées, les armoires vides et le mot sur la table, encore cacheté, démontre son départ.

Ce mot, je ne l’ai pas ouvert. Il reviendra. Je le sais, je le sens. Et tout ce qu’il a pu écrire n’effacera pas le chagrin qu’aura entrainé son départ. Son retour en serra plus fort. Il rentrera un jour comme au retour d’un rendez-vos avec des copains.%%

Jérome est revenu. Maigre, les yeux vides. Le Jérome d’autrefois est mort. Jérome est une épave. Je suis sa bouée. Ses yeux cherchent en moi mon amour pour lui. Ses yeux me font peur . Jérome me fait peur. Il est rentré ce matin, m’a dit « aide moi » et n’a plus bougé depuis. J’ai appelé le médecin de famille. Il est venu pendant 10 jours. 10 jours durant, il l’a examiné. Pendant tout ce temps, Jérome n’a pas bougé. Moi j’ai attendu. Le 10é jour, Jérome a ri. Cela faisait longtemps. Si longtemps. Mais ce n’était pas ce rire heureux. Il a dit au médecin : « je sais, je suis fichu ». Il m’a regardé. J’ai pleuré. Je me suis sentie petite, vieille, inutile.

Jérome est blond comme les blés, bleu comme un ciel d’hiver, vert comme comme le sapin de Noël, rouge comme la maladie, noir comme la drogue, mauve comme la mort.

Jérome est mort ce matin. Il avait 19 ans.

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Commentaires

1. Le mercredi 3 mai 2006 à 23:08, par Miss Mopi - Nadège

Très beau texte

2. Le mercredi 3 mai 2006 à 23:49, par Rachel

Merci.

Le pire, et sans fausse modestie et parce que j'ai du mal à croire que c'était déjà moi... il arrive à me toucher à chaque fois ...

(haussement d'épaule)

c'est comme ça !

3. Le jeudi 4 mai 2006 à 00:33, par ElendS

J'ai Rome, Rome antique

Voyage mène sur les rives, la sagesse
Tantôt allégresse, provenant de l'ivresse
Parfois il est paresse, noirci de tristesse
Voyage, une lutte contre la détresse

Citadelles du monde nous font voyager
Et si j'ai Rome, ai-je perdu mon Paris ?
Mais si j'échoue, est-ce trahison du pays ?
Paradis artificiels, je dois exister

Dirigeant mon avenir, je panse au passé
Avançant sur les routes, je suis engagé
Si je me retourne, je me vois tournoyer

Le futur, incertaine illusion, me nourris
Sûr de l'existence, alors je me construis
Je bâtis un édifice, sans non : la Vie

4. Le lundi 22 septembre 2008 à 02:38, par simnaw

vraiment c tro bo

5. Le mercredi 24 septembre 2008 à 23:01, par Moi

Merci à toi Simnaw pour ton commentaire

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